Voyage 8 : Traversée de l'Atlantique ou "la transat sans alizés"
De Mindelo, Cap Vert, à Port St-Charles, la Barbade
Du 3.12 au 24.12 (Joyeux Noël!) 21 jours
2'281 miles
Beaucoup d'empannages, pas de virement
De 4 nœuds de vent à plus de 35 nœuds, voir 40
Toutes les voiles, du spi au tourmentin
L'équipage:
Nous sommes partis le 3.12, avec un vent portant environ 15 nœuds (miles/heure) dans le couloir entre Sao Vicente et Santo Anton, puis le vent a molli et nous avons essayé de descendre au sud pour trouver du vent, mais pas plus de 6-10 nœuds (pas de vent dans la zone plus au nord), donc nous avons inauguré le spi, non pas qu'il soit neuf, mais c'était la première fois qu'on le hissait avec de plus une chaussette toute neuve, dont aucun n'avait l'expérience, et tout s'est bien passé. Philippe nous a fait constaté quelques mini-trous que l'on réparera à l'arrivée. La première semaine s'est déroulée ainsi, à chercher les alizés!
Puis, suite à une forte dépression entre les Canaries et le Cap Vert (nous avons eu vent que des bateaux ont coulé), nous en avons goûté les répercussions: mer forte avec une houle importante, parfois croisée donc désordonnée, des vents de base à 25 nœuds et des rafales jusqu'à 35 nœuds, probablement certaines à 40, mais nous n'avions pas le nez fixé sur l'anémomètre. Donc nous en sommes arrivés au tourmentin seul (petite voile tempête de 6m2 qui remplace la voile d'avant) et cela pendant 5 jours.
Ci-joint la photo du trajet suivi sur l'I-pad: le vent venant de l'est, il nous a été rarement possible d'avoir le cap exact prévu, d'où nos empannages itératifs afin de suivre au mieux la ligne directe. La météo a été également un facteur de déviation de la ligne directe car nous choisissions des secteurs de vents favorables selon les gribs (graphiques des vents) que Pierre descendait tous les 2-3 jours au moyen de l'iridium, notre téléphone satellite.
Vie à bord
L'Alimentation
Pendant ce temps il a fallu faire à manger, faire le pain (Christiane) et même des gâteaux où Ruth nous a épaté avec un gâteau au chocolat, puis un à la coco. Il y avait un tableau indiquant qui devait faire le diner ou le souper, ainsi que les vaisselles: l'équipage était tellement parfait que tout allait tout seul, il y avait toujours quelqu'un avec une idée pour le repas, la vaisselle coulait de soi, donc nous n'avons jamais suivi le tableau. C'était vraiment très agréable, les repas étaient bons, on a mangé du frais pendant plus d'une semaine, puis du sec et des boîtes de conserve: Philippe avait beaucoup d'imagination pour des salades très appréciées de l'équipage. Nous avons eu du beurre pour les tartines et des œufs jusqu'au bout.
L'Eau
Nous nous sommes douchés quasiment tous les jours, même lors du gros temps tout en respectant les règles de sécurité: harnais et ligne de vie, assis car impossibilité de se tenir debout, avec un seau d'eau de mer puis la douchette-rinçage d'eau douce (quelques secondes!).
Nous économisions l'eau au maximum: vaisselle à l'eau de mer, une à deux heures de dessalinisateur(10 litres) tous les 2 jours en plus des 300 litres d'eau douce du réservoir (cafés-thés-douchette) et plus de 100 bouteilles d'un litre et demi d'eau à boire. L'équipage s'est montré très coopératif à ce sujet. Nous avons quand même tiqué quand Philippe a fait sa lessive à l'eau de mer et rempli un bidon d'eau douce pour le rinçage, je me suis dit que l'on allait pas pouvoir suivre…il n'a pas refait de lessive!
Après trois semaines, il restait quelques litres d'eau dans le réservoir: bravo à l'équipage.
Les quarts
C'est là que le tableau des quarts a été utile, car chacun savait à quelle heure il devait prendre le quart (sur le pont avec gilet et ligne de vie attachée), ce qui nous permettait de dormir de façon régulière, pas toujours très bien, cela en fonction de la houle et du stress (personne ne le montrait, mais dans le gros temps on est toujours un peu anxieux). Le quart était de 2 heures seul, puis 6 heures de sommeil, avec une disponibilité en cas de manœuvre: empannage, prise de ris , etc). Chacun a respecté à la lettre sa durée de quart quasi tout le temps: merci à l'équipage. De plus la bonne humeur était au rendez-vous, l'humour de Philippe et de Pierre nous ont accompagné tout au long du voyage. Nous avons tout de même tous beaucoup apprécié la première nuit complète à l'arrivée!
Pendant la nuit nous grignotions des fruits secs, du chocolat ou autres friandises, ce qui nous maintenait éveillés: Philippe nous préparait chaque soir des mélanges de fruits secs divers et variés, toujours avec des noisettes!
La journée
On devrait dire "les" journées : eh bien la contemplation en premier, l'observation de la mer: un orque puis deux autres un peu plus loin nous ont rendu visite.(on ne voit l'orque qu'à travers l'eau, désolée pour la qualité de la photo!)
Plusieurs poissons volants se retrouvaient chaque matin sur le pont.
Des arcs-en-ciel… et si vous regardez bien la photo vous verrez le 2e arc-en-ciel (réfraction dans les gouttes d'eau).
Philippe posait la ligne de pêche quand le bateau n'allait pas trop vite, et nous avons pêché une dorade coryphène
et un chinchard. D'autres poissons ont mordu, mais ont tout avalé, l'appât, le hameçon et les plombs: bon appétit!
La lecture a été le loisir préféré quand le bateau ne bougeait pas trop et qu'il n'y avait pas de grain qui malheureusement se succédaient en faisant une accélération du vent de 5-10 nœuds voir plus et des averses.
Nous avons aussi bien rigolé, il y avait des "récrés" où les 2 garçons se défoulaient pour le plaisir bien sûr,
Ce qui est extraordinaire c'est que personne n'a été malade et ce fut très précieux à bord.
En résumé, ce fut une magnifique expérience avec un équipage top à tous points de vue (skipper dixit). Nous étions toutefois contents d'arriver avec un petit brin de nostalgie qui se lit sur les visages lors de notre dernier repas antillais au "Bombas" à la Barbade.
Le lendemain, Ruth et Philippe prenaient l'avion pour Genève: tchao les amis, revenez quand vous voulez!
Quelques souvenirs de la Barbade qui n'est pas une île pour les petits voiliers en ce qui concerne les infrastructures: une marina qui peut contenir 3 grands yachts, les petits au mouillage! A Bridgtown, seulement un mouillage mais avec un "Boatyard bar" où nous avons pu savourer une Pina Collada.
Une petite surprise nous attendait sous la coque du bateau: des "pousse-pieds" ont apprécié les courants, accrochés à la coque de telle façon qu'au brossage ils ne partent pas, il faut carrément une raclette: on peut voir sur la photo qu'ils s'en vont avec un peu d'antifouling bleu! Du travail en perspective!
Nous repartons le 29.12 pour Grenade et les Petites Antilles.

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